Dans un environnement marqué par la montée des rivalités géopolitiques et l'intensification des menaces numériques, la sécurité est devenue un enjeu stratégique majeur pour les États, les entreprises et les infrastructures critiques.
En effet, les conflits contemporains ne se limitent plus aux théâtres militaires traditionnels : ils s'étendent désormais au cyberespace, où les attaques visant les réseaux, les infrastructures critiques, les administrations ou les entreprises constituent un levier depression stratégique de plus en plus utilisé.
La frontière entre défense conventionnelle et cyberdéfense tend donc à s'estomper. La capacité d'un pays à protéger ses systèmes d'information, ses réseaux de communication, ses infrastructures énergétiques ou ses capacités militaires est devenue un élément essentiel de sa souveraineté.
Défense : un cycle d'investissement durablement soutenu
Les tensions internationales demeurent un moteur puissant des dépenses de sécurité. L'absence de perspective de règlement rapide du conflit entre la Russie et l'Ukraine, les enjeux liés à la zone
indo-pacifique, les tensions autour de Taïwan ou encore les perturbations observées sur certaines routes commerciales stratégiques amènent de nombreuxÉtats à renforcer leurs capacités de défense.
Le mouvement est mondial. Plusieurs pays européens poursuivent l'accélération de leurs investissements militaires tandis que des puissances asiatiques comme le Japon ou l'Inde augmentent également leurs budgets. Au-delà de l'acquisition d'équipements conventionnels, les priorités portent désormais sur la maîtrise de technologies jugées critiques : défense aérienne et antimissile, drones, guerre électronique, spatial militaire, renseignement et systèmes de communication sécurisés.
En conséquence, les dépenses de défense des pays membres de l'OTAN devraient continuer à progresser à un rythme soutenu au cours des prochaines années : +13% par an attendu d’ici 2030. Cette dynamique
reflète la prise de conscience que la sécurité constitue désormais un investissement structurel plutôt qu'une variable d'ajustement budgétaire.
Deux interrogations demeurent toutefois. D'une part, la capacité des États à maintenir durablement cet effort dans un contexte de finances publiques contraintes, avec de surcroît une opinion publique réticente à certains arbitrages budgétaires. D'autre part, l'évolution rapide des technologies de combat, qui pourrait modifier l'équilibre entre certaines plateformes traditionnelles et de nouvelles capacités fondées sur les drones,les systèmes autonomes et le renseignement numérique.
Les résultats publiés cet été par de nombreux groupes du secteur ont confirmé la solidité des perspectives de long terme, avec des carnets de commandes historiquement élevés. Malgré cela, les valeurs de défense ont connu une phase de correction boursière à partir de la mi-août sous l'effet de la hausse des taux d'intérêt et des préoccupations liées aux budgets publics et aux échéances électorales.
Cybersécurité: un enjeu stratégique devenu incontournable
La cybermenace continue parallèlement de gagner en ampleur et en sophistication. Au cours des derniers mois, de nombreuses attaques attribuées à des groupes liés à des intérêts étatiques ont ciblé des infrastructures publiques, des réseaux énergétiques, des opérateurs de télécommunications ou encore des institutions financières.
Cette évolution illustre un changement profond dans la nature des conflits. Les opérations numériques permettent désormais de perturber une économie, d'espionner des organisations stratégiques ou de
fragiliser des infrastructures essentielles sans recourir à la confrontation militaire directe. La cyberdéfense est ainsi devenue un pilier à part entière des politiques de sécurité nationale.
L'essor de l'intelligence artificielle constitue un autre facteur de transformation. Utilisée par les attaquants comme par les défenseurs, elle accélère les capacités de détection, d'automatisation et d'analyse (l’exemple de Mythos est pertinent à cet égard), mais contribue également à accroître la sophistication de certaines attaques. Les organisations sont donc amenées à renforcer en permanence leurs dispositifs de protection, de surveillance et de réponse aux incidents.
Au-delà des considérations géopolitiques, plusieurs tendances structurelles soutiennent la croissance du secteur : l'explosion des volumes de données, l'adoption croissante du cloud, la multiplication des objets connectés, le durcissement des exigences réglementaires et le développement des infrastructures numériques souveraines. Pour les entreprises comme pour les administrations, les dépenses de cybersécurité sont de plus en plus considérées comme indispensables à la continuité des activités.
Les groupes de cybersécurité ont globalement publié des résultats solides cet été et continuent d'afficher des perspectives de croissance attractives, soutenues par une demande qui reste forte dans l'ensemble des régions du monde.
Lancé le 21 juillet 2025 par Swiss Life Gestion Privée, le fonds SLGPCyber Défense investit exclusivement dans les deux thématiques évoquées.
Ces deux piliers complémentaires qui répondent à un même impératif : renforcer la résilience face à des menaces de plus en plus complexes.
Défense et cybersécurité ont connu des trajectoires boursières différentes au cours de l'été. Les valeurs de défense ont subi une phase de consolidation malgré des fondamentaux toujours robustes, tandis que les entreprises de cybersécurité ont bénéficié du maintien d'une demande soutenue et de l'intérêt des investisseurs pour les thématiques liées à la sécurisationdes infrastructures numériques et à l'intelligence artificielle.
Dans les deux cas, les moteurs de croissance demeurent largement alimentés par des tendances de long terme qui placent la sécurité, sous ses dimensions physique et numérique, au cœur des enjeux stratégiques des prochaines années.
Article de Yann Cordier, gérant de fonds au sein de Swiss Life Gestion Privée. Achevé de rédiger le 14 octobre 2026.
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